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Etat lituanien : du passé vers l'avenir
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 L’époque du Grand-duché de Lituanie aux XIIIe–XVIIIe siècles

 

  

La fondation de l’État et la période païenne de la Lituanie

Le nom de la Lituanie a été mentionné pour la première fois dans des sources historiques connues en 1009, dans les annales du monastère de Quedlinburg. En réalité, on ne peut parler d’État lituanien qu’à partir du milieu du XIIIe siècle, lorsque le prince Mindaugas a réussi à consolider son pouvoir parmi ses proches et les autres nobles lituaniens. En 1219, dans le traité entre les princes de Volhynie et de Lituanie, Mindaugas était mentionné uniquement comme le quatrième parmi les cinq princes supérieurs. Grâce à l’apparition de conditions familiales favorables (mort de son frère aîné Dausprungas et bas âge de ses héritiers) et ses aptitudes personnelles, Mindaugas a été capable d’évincer ses concurrents et de devenir le seul souverain. Il liait des liens de parenté non pas avec les plus puissants de son pays, mais avec les souverains des pays voisins, en distinguant ainsi son statut. Il a marié sa seule fille connue à Svarnas, fils du prince Daniel de Galicie.

La victoire la plus éclatante de Mindaugas a été obtenue non pas sur un champ de bataille et par les armes, mais grâce à des moyens diplomatiques. Par l’intermédiaire du maître de l’Ordre de Livonie Andreas von Stirland, Mindaugas s’est converti au christianisme et s’est fait baptiser en 1251 et, deux ans plus tard, en 1253, il a été couronné roi de Lituanie. Cela a garanti la reconnaissance de l’État lituanien et de son souverain sur la scène internationale. L’intégration au monde chrétien occidental n’a pas duré longtemps car, après l’assassinat du roi Mindaugas en 1263, la Lituanie est retournée au paganisme pour plus d’un siècle.

La séparation avec le monde chrétien ne signifiait pas du tout que la Lituanie avait perdu son État. Sans doute, après la mort du roi Mindaugas, un désordre a commencé en Lituanie : en cinq ans, il y a eu trois souverains (Treniota (1263-1264), le fils de Mindaugas Vaišelga (1264-1267), Traidenis (1268-1282)), mais l’État lituanien naissant ne s’est pourtant pas éteint.

La plupart des portraits des souverains de Lituanie et des photos des statues d’une partie des souverains sont conservés dans les fonds du Musée de la guerre Vytautas le Grand (ci-après VDKM) qu’on peut voir sur ce site. Il s’agit des œuvres de Vilius Jomantas, Laura Šlapelienė, Vladas Didžiokas, Juozas Janulis et beaucoup d’autres artistes. Bien évidemment, ce matériel iconographique n’est pas authentique. Il ne reflète qu’en partie l’apparence des grands-ducs de Lituanie. Ce sont non seulement des œuvres de peintres et sculpteurs lituaniens des XIXe-XXe siècles, portraits et sculptures mythologisés des souverains des XIIIe-XVe siècles [1], mais aussi des reproductions des portraits de bonne qualité des grands-ducs de Lituanie peints aux XVIe-XVIIIe siècles[2]. Ces portraits sont connus, car l’art de la Renaissance a propagé dès le début du XVIe siècle le genre du portrait dans le Grand-duché de Lituanie (ci-après GDL), pour le mécénat duquel étaient particulièrement connus les grands-ducs de Lituanie.

À partir de la fin du XIIIe siècle, une nouvelle famille s’est établie en Lituanie, probablement sans lien avec Mindaugas, et elle a reçu plus tard le nom de Gediminaitis. Gediminas (1316-1341) n’était pas le premier représentant de cette dynastie, mais il s’est distingué de ses prédécesseurs par sa grande clairvoyance politique. C’est probablement à son initiative que des liens ont été établis avec l’Empire byzantin. Gediminas a aussi invité en Lituanie des colons d’Europe occidentale. Dans ce but, il a envoyé des lettres au pape, aux villes allemandes, aux dominicains et franciscains de la province de Saxe afin que les colons venus d’Europe occidentale augmentent le potentiel économique et militaire de l’État. Ces ressources étaient indispensables pour faire face à l’agression des ordres allemands, qui a atteint la Lituanie dès la fin du XIIIe siècle, et pour continuer à développer l’expansion vers l’Est.

L’ordre militaire des moines teutoniques est arrivé Palestine sur les côtes de la mer Baltique en 1226 à la demande du prince Conrad de Mazurie et, avec le temps, il est devenu une des forces les plus puissantes de la région. L’objectif initial de l’Ordre teutonique était la christianisation des païens, mais il a dégénéré au fil du temps. La puissance de l’Ordre teutonique a été brisée au début du XVe siècle. Cette victoire a été obtenue en partie avec le baptême de la Lituanie lorsque Jogaila (grand-duc de Lituanie 1377-1381, 1382-1401), prince supérieur (1401-1434), a épousé la reine de Pologne Hedwige et est venu roi de Pologne (1386-1434). L’Ordre a alors perdu son principal prétexte pour faire la guerre à la Lituanie. En 1410, sur le champ de bataille de Grunwald, la puissance de l’Ordre est écrasée grâce à l’armée conjointe de la Lituanie et de la Pologne. Après la défaite de Grunwald, l’Ordre teutonique n’a pu rétablir sa puissance perdue, car il avait perdu le soutien de l’Europe occidentale qui était en déclin au début du XVe siècle.

La bataille de Grunwald est devenue un important lieu commémoratif dans l’histoire de la Lituanie. On accorde beaucoup d’attention à l’immortalisation de cette bataille et d’autres dans la peinture historique lituanienne[3]. Le Musée de la guerre Vytautas le Grand conserve une photo de la copie, faite par Ignas Rudolfas, du tableau « Bataille de Grunwald » du peintre polonais du XIXe siècle Jan Matejka[4] ainsi que des photos d’esquisses de la bataille de Grunwald de Tadeusz Styka, élève de J. Matejka[5].

Encore avant le début de la guerre contre l’Ordre teutonique, le regard de l’État lituanien a commencé à se tourner vers l’Est. L’expansion vers l’Est a donné naissance au GDL, dont les terres englobaient non seulement le territoire de la Lituanie païenne (plus tard catholique), mais aussi le monde orthodoxe de la Rus’. Un des premiers à se retrouver sous l’influence de la Lituanie a été Novogroudok, gouvernée par le fils du roi Mindaugas Vaišelga. Le temps passant, surtout grâce aux mariages dynastiques des Gediminaitis et des campagnes militaires, la Lituanie avait rattaché aux XIIIe-XIVe siècles les terres de Brest, Minsk, Polotsk, Vitebsk, Loutsk, Kiev, Briansk et autres. Smolensk a été rattaché en dernier au GDL, sous le règne du grand-duc Vytautas (1401-1430) au début du XVe siècle. Ces territoires n’étaient pas directement ou inconditionnellement incorporés dans un État commun. Chaque principauté ou terre avait un degré élevé d’autonomie. Le système d’administration local était modifié lentement et graduellement. Les positions de pouvoir étaient occupées par des princes d’origine lituanienne (Gediminaitis) qui respectaient les règles du « jeu » de la population locale en se convertissant à l’orthodoxie.

 

Le baptême de la Lituanie et le début de la modernisation de l’État

Ce n’est que lorsque la Lituanie païenne s’est convertie en 1387 au christianisme occidental que le processus de modernisation et de centralisation de l’État s’est accéléré. Le baptême de 1387 a marqué une autre étape de l’État lituanien, le développement de liens étroits avec le Royaume de Pologne. Le petit-fils de Gediminas Jogaila, devenu souverain de Lituanie et de Pologne, a été à l’origine de la montée d’une nouvelle dynastie : les Jagellon. Les représentants de cette dynastie ont gouverné en même temps, entre 1490 et 1526, la Lituanie, la Pologne, la Tchéquie et la Hongrie. Toutefois, le chemin des Jagellon n’a pas été simple dans la patrie lituanienne. Après le départ de Jogaila en Pologne, un vide du pouvoir a commencé à apparaître en Lituanie. Le cousin de Jogaila Vytautas a réussi à en profiter, et Jogaila lui-même a été contraint de reconnaître son statut exceptionnel dans le GDL. Le titre de grand-duc a été accordé à Vytautas surtout l’historiographie lituanienne de l’entre-deux-guerres car, sous son règne, la Lituanie a eu sa superficie la plus étendue : de la mer Baltique à l’Ouest jusqu’à la mer Noire au Sud-Est.

Dans la conscience historique lituanienne, le fait que le grand-duc Vytautas a « fait boire » son cheval dans la mer Noire est devenu un mythe. On peut voir une telle image sur la photo du dessin du peintre J. Mackevičius « Vytautas le Grand près de la mer Noire »[6].

Le grand-duc Vytautas a non seulement agrandi, mais aussi centralisé et modernisé l’État. Des unités administratives territoriales d’un nouveau type ont été créées, les voïvodies qui étaient composées de plus petites unités, les districts et les powiats et les volosts. Elles se sont tout d’abord répandues sur les terres ethniques de la Lituanie, noyau de l’État. Les premières voïvodies de Vilnius et de Trakai ont été fondées en 1413. Cette division administrative a persisté sur tout le territoire du GDL pendant les XVe-XVIe siècles. La particularité de l’évolution interne de la Samogitie a déterminé la création non pas d’une voïvodie mais d’une principauté dirigé par un staroste, car ce territoire appartenait à la jonction des XIVe-XVe siècles à l’Ordre teutonique et ce n’est qu’après la paix de Melno en 1422 qu’elle a été restituée au GDL.

La division administrative du GDL et le changement des frontières de l’État, le réseau des centres de voïvodie, autres villes et bourgades, des domaines, des rivières et des routes se reflète dans la cartographie, dont on considère comme le premier ouvrage et étalon pour le GDL la carte du GDL de Mikołaj Krzysztof Radziwiłł dit l’Orphelin, publié en 1613[7]. Il ne s’agit pas de la première carte représentant le GDL. Au Musée de la guerre Vytautas le Grand est également conservé l’Atlas de Gérard Mercator, apparu en 1595 et dans lequel il y a une carte du GDL[8]. Sans doute, faut-il pas faire aveuglément confiance à l’information donnée par ces cartes, car elles essayaient de refléter non seulement l’environnement géographique réel, le réseau fluvial et routier, mais elles représentaient aussi l’État et ses objectifs. Par exemple, à la veille de l’Union de Lublin en 1569, les territoires de l’actuelle Ukraine étaient transférés à la Pologne, mais sur la carte de 1613 de l’Orphelin ces territoires sont attribués au GDL, probablement en tant qu’objectif politique.

La christianisation de la Lituanie a déterminé non seulement l’accélération du processus de centralisation de l’État, elle est devenue un catalyseur pour l’apparition de nouveaux phénomènes à l’intérieur du pays qui ont posé les fondations pour des changements sociaux et culturels. Après le baptême en 1387, l’écriture a commencé à se développer rapidement, de même que la tradition locale des chroniques et le droit écrit.

Une large couche de la noblesse a commencé à utiliser des documents écrits, des lettres et l’historiographie, et elle a obtenu avec le baptême des droits d’immunité partielle. La même année, le privilège, accordé par le roi de Pologne et grand-duc de Lituanie Jogaila, aux nobles convertis au catholicisme garantissait les droits de propriété sur les terres héritées en échange d’un service militaire. Toutefois, par ce document, une noblesse homogène n’était pas créée dans le GDL. Une place exceptionnelle était occupée par les magnats qui étaient liés par des liens personnels au grand-duc et se distinguaient par son autorité surtout dans les sociétés locales, car elle avait ses origines dans les magnats tribaux païens de ces sociétés.

Il reste très peu d’informations sur les familles des souverains et de leurs descendants du passé païen de la Lituanie. Le système des patronymes s’est répandu parmi les nobles avec l’arrivée du christianisme, le nom de famille héréditaire s’est implanté (parmi les premiers à l’utiliser étaient les Goštautas), une signification était donnée à la mémoire généalogique héréditaire. Dans le Musée de la guerre Vytautas le Grand, on peut trouver les exemples de ce phénomènes encore à la fin du XVIIIe siècle lorsque, après la destruction de l’État, la noblesse a essayé de prouver à la nouvelle administration de l’Empire russe qu’elle avait un droit légitime sur ses propriétés. Les nobles Aužbikavičius (Aušbikavičius) se rappelaient de leur nom et leur généalogie noble à partir de 1649 et l’a relié au domaine d’Auzbikai (Ausbikai), dont provenait probablement le nom de cette famille[9].

Après la mort de Vytautas, contrairement à ce qui avait été convenu en 1413 à Horodło, les magnats lituaniens, sans en parler au Conseil royal de Pologne, ont élu comme grand-duc le frère cadet de Jogaila Švitrigaila (1430-1432). Il existait également un désaccord au sein des magnats lituaniens, c’est pourquoi un coup d’État a été organisé en 1432 à Ochmiany, après lequel le frère cadet de Vytautas Sigismond (1432-1440), qui essayait de se rapprocher de la Pologne, a reçu le trône. Une guerre civile de près de dix ans a commencé dans le GDL. La guerre a pris fin seulement lorsque LDK Švitrigaila a renoncé à ses prétentions sur le trône du grand-duché, tandis que Sigismond a été tué lors d’un complot à Trakai. En 1440, les magnats lituaniens ont élu comme grand-duc le fils Jogaila Casimir (grand-duc de Lituanie 1440-1492, roi de Pologne 1447–1492), âgé de treize ans, qui est devenu en 1447 roi de Pologne. Les États de Pologne et de Lituanie étaient de nouveau gouvernés par le même souverain, mais ils restaient autonomes. L’influence de la petite et moyenne noblesse augmentait dans la vie publique polonaise, tandis qu’en Lituanie l’influence des magnats progressait car Casimir passait plus de temps en Pologne. Elle a été institutionnalisée par le Conseil des magnats, composé des fonctionnaires les plus élevés et les plus influents de l’État. Entre autres, l’époque du règne du grand-duc Casimir s’est caractérisée par une longue période de paix, le développement de la codification du droit et la poursuite du processus de centralisation de l’État. Des privilèges régionaux ont été accordés aux différents terres (par exemple, Novogroudok en 1440), mais la création du réseau de voïvodies se poursuivait (en 1471 a été instituée la voïvodie de Kiev). La codification du droit a atteint un nouveau sommet. En 1447, Casimir a accordé un nouveau privilège universel à la noblesse, à partir de 1468 environ le « Code de Casimir » est entré en vigueur.

Tous ces aspects d’expression de la pensée juridique ont été couronnés par le premier Statut lituanien, proclamé par Sigismond l’Ancien (1506-1548) en 1529. Son frère le grand-duc de Lituanie Alexandre (grand-duc de Lituanie 1492-1506, roi de Pologne 1501-1506) s’était engagé à unifier les lois sur tout le territoire du GDL. Les lois étaient formulées dans des sources juridiques différentes et se contredisaient donc parfois. Par ailleurs, certaines étaient valables sur tout le territoire du GDL et d’autres uniquement sur certaines terres du GDL. Ce code juridique unifiait non seulement le droit écrit en vigueur jusqu’alors, mais il a eu une grande influence du droit coutumier et des normes du droit romain. Le statut de 1529 est devenu le premier signe d’un compromis politique entre les magnats et la petite et moyenne noble qui commençait à jouer un rôle de plus en plus important dans la vie publique du GDL. La raison à cela «était le rapprochement du GDL avec la Pologne et l’exemple de la noblesse du Royaume de Pologne. Les prérogatives de la noblesse et non pas des magnats ont été renforcées dans l’État du GDL par le deuxième Statut de la Lituanie, adopté en 1566 sous le règne de Sigismond-August (grand-duc de Lituanie 1544-1572, roi de Pologne 1548-1572), puis définitivement établies par le troisième Statut de la Lituanie, adopté en 1588 par Sigismond Vasa (roi de Pologne 1587-1632, grand-duc de Lituanie 1588-1632).

 

La Lituanie au sein de la République des deux Nations

Le rapprochement de la noblesse du GDL avec le Royaume de Pologne a été encouragé non seulement par un système de gouvernance plus attractif et l’influence de la noblesse dans la vie politique, mais aussi par un conflit militaire permanent dès la fin du XVe siècle avec l’État de Moscou. La Lituanie a eu des succès variables dans les guerres des XVe-XVIe siècles : les principautés du bassin supérieur de l’Oka ont été perdues, puis Smolensk et Novgorod-Severski, mais lors de la bataille d’Orcha en 1514 l’armée de l’État de Moscou plus nombreuse a été écrasée, et Gomel a été récupérée lors de la campagne de 1534-1537. Toutefois, la guerre de Livonie, commencée en 1558, a épuisé la Lituanie, c’est pourquoi, sous la pression de Sigismond-August, elle a conclu une union avec la Pologne à Lublin. L’Union de Lublin créait l’État commun et fédéral de Lituanie et de Pologne, gouverné par un souverain commun et une diète, mais avec des titres, territoires, trésors, armées et lois distincts. Cet État a reçu le nom de République des deux Nations (ci-après RDN) ou plus brièvement République (en polonais Rzeczpospolita).

Longtemps encore avant l’union, en 1564-1566, une réforme administrative et des tribunaux de première instance a été effectuée en Lituanie. Selon la réforme administrative, le GDL était divisé en 13 voïvodies, composées de 30 powiats. Dans les powiats ont été créés trois tribunaux nobiliaires avec des fonctionnaires élus qui ont aboli les tribunaux des magnats qui existaient jusqu’alors. Le tribunal du château jugeait les affaires pénales, le tribunal de la terre les affaires civiles et le tribunal du chambellan les litiges liées à la propriété de la terre. Ce système a existé jusqu’à la période des grandes réformes de l’État, lorsqu’en 1792 un tribunal des gens a été créé à la place du tribunal de château et de la terre. Les citadins jugeaient les affaires civiles entre eux dans le tribunal du conseil et les affaires criminelles dans le tribunal des bancs, présidé par le bourgmestre. Les paysans étaient jugés au tribunal de réunion. Les affaires étaient jugées en appel par le tribunal du souverain, et après 1581 par le Tribunal suprême de Lituanie[10].

Sans doute, ce système n’était pas parfait, c’est pourquoi les compétences des tribunaux s’enchevêtraient. À partir des sources du Musée de la guerre Vytautas le Grand, disponibles sur le site, on peut voir que le tribunal de château jugeait également des affaires civiles[11]. Chaque tribunal tenant les livres des actes. Dans ces livres se retrouvaient toute sorte de documents des tribunaux : plaintes[12], appels au tribunal[13], interrogatoires des témoins de la partie victime[14], acquittements pour les appels présentés[15] ou introduction à la gouvernance[16], dossiers entiers des tribunaux[17]. Il y a aussi des documents de nature et contenu différents[18], que la noblesse voulait conserver car elle n’avait pas confiance dans les archives personnelles qui subissaient souvent des incendies. De même, les demandeurs et défendeurs faisaient des copies de ces documents qui étaient utiles dans les tribunaux d’une autre instance. Les copies étaient certifiées par les signatures et sceaux des fonctionnaires du tribunal.

Il y a eu certains changements et réformes dans la diète du GDL. Au début du XVIe siècle, c’était le congrès des magnats de Lituanie, c’est-à-dire du Conseil des magnats, et dans les années 40-50 du XVIe siècle la petite et moyenne noblesse était de plus en plus active. Après l’Union de Lublin en 1569, la diète est devenue une institution représentant tout l’ordre des nobles, car la diète commune de la RDN a été constituée.

Sigismond-August a été le dernier souverain héréditaire du GDL. Après sa mort, les diètes de la RDN ont commencé à élire des monarques européens. De cette façon, on recherchait l’idée d’égalité nobiliaire pour qu’une famille de nobles ne soit pas promue devant les autres. La RDN a été gouvernée le plus longtemps par es dynasties des Vasa (1588-1668) et des Saxe  (su avec des interruptions entre 1697-1763) qui ont impliqué l’État dans des guerres dynastiques permanentes. À la jonction des époques des Vasa et des Saxe, une nouvelle tradition d’élection des souverains est apparue. Lorsque le dernier représentant de la dynastie des Vasa Jean Casimir (1648-1668) a renoncé au trône, les nobles locaux, populaires parmi la noblesse, Michał Korybut Wiśniowiecki (1669-1673), puis Jean Sobieski (1674-1696), ont été élus souverains de la RDN. Il est symbolique que Stanisław August Poniatowski (1764-1795), aussi un noble local, soit devenu le dernier souverain de la RDN. C’était une période dramatique de l’État. Le pouvoir faible des monarques élus, l’influence plus grande des pays voisins, surtout de l’Empire russe, et les désaccords entre les groupes des nobles, qui se transformaient souvent en conflits militaires internes, ont rapproché l’État jusqu’au seuil de l’effondrement. En 1772, le territoire de la RDN a été fortement « rogné » au profit de la Russie, l’Autriche et la Prusse. Plusieurs réformes de l’État étaient non seulement prêtes mais aussi en train d’être réalisées : gouvernance de l’État, armée, trésor, tribunaux, éducation, économie, etc. Par exemple, afin d’encourager la croissance économique, plusieurs villes et bourgades, dévastées dans les guerres de la jonction des XVIIe-XVIIIe siècles, ont retrouvé les droits d’autonomie. Pour cette raison, la bourgade de Darsūniškis a retrouvé en 1791 les droits et les armoiries de la ville[19]. La première Constitution adoptée en Europe (deuxième après les États-Unis) le 3 mai 1791, par la Diète de quatre ans (1788-1792) est devenue le symbole de toutes ces réformes de l’État. Ces réformes ont été accueillies négativement par une partie des nobles et des pays voisins. En 1792, la RDN a subi un deuxième partage, et en 1794 tout le territoire de la Pologne et de la Lituanie a été envahi par les armées étrangères lors de la répression du soulèvement des partisans des réformes.

Le 24 octobre 1795, le traité sur le dernier partage de la RDN a été signé à Saint-Pétersbourg, capitale de l’Empire russe, par la Russie, l’Autriche et la Prusse. Un mois plus tard, le 25 novembre, le roi de Pologne et grand-duc de Lituanie S. A. Poniatowski a signé l’acte d’abdication, de renoncement au trône, en effaçant définitivement la RDN de la carte de l’Europe. Ainsi s’est terminée la période ininterrompue, qui a duré près de cinq siècles et demi, de fondation d’un État lituanien. 

 


[1] Mindaugas: VDKM, N-971; Treniota: VDKM, N-963; Vaišelga: VDKM, N-964; Traidenis: VDKM, N-962; Butigeidis: VDKM, N-197, N-201, N-204, N-945; Vytenis: VDKM, N-946; Gediminas: VDKM, N-58, N-970; Jaunutis: VDKM, N-947; Algirdas: VDKM, N-949; Jogaila: VDKM, N-940; Kęstutis: VDKM, N-969; Vytautas: VDKM, N-15, N-73, N-810, N-941; Švitrigaila: VDKM, N-960; Kazimieras: VDKM, N-965.
 
[2] Aleksandras: VDKM, N-950; Žygimantas Senasis: VDKM, N-951; Žygimantas Augustas: VDKM, N-952; Henrikas Valua: VDKM, N-961; Zigmantas Vaza: VDKM, N-958; Vladislovas Vaza: VDKM, N-959; Mykolas Kaributas Višnioveckis: VDKM, N-955; Jonas Sobieskis: VDKM, N-943; Augustas II: VDKM, N-958; Stanislovas Leščinskis: VDKM, N-944; Augustas III: VDKM, N-957; Stanislovas Poniatovskis: VDKM, N-967.
 
[3] Pavyzdžiui, Saulės arba Šiaulių 1236 m. mūšis šiuo metu yra laikomas baltų vienybės simboliu. VDKM, N-788.
 
[4] VDKM, N-28.
 
[5] VDKM, N-789, N-790, N-931, N-932, N-933, N-934.
 
[6] VDKM, N-798.
 
[7] VDKM, N-835, N-836, S-2207.
 
[8] VDKM, S-2005. Vėlesnės G. Merkatoriaus žemėlapių reprodukcijos: VDKM, S-2370, S-2373,
 
[9] VDKM, S-2167.
 
[10] VDKM, S-11025-33.
 
[11] VDKM, S-11025-9.
 
[12] VDKM, S-11025-4.
 
[13] VDKM, S-11025-32.
 
[14] VDKM, S-11081.
 
[15] VDKM, S-11025-5, S-11025-6, S-11025-9, S-1179.
 
[16] VDKM, S-1999.
 
[17] VDKM, S-11077, S-11078.
 
[18] VDKM, S-11025-34, S-11025-12.
 
[19] VDKM, S-2265.
 
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